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Bienvenue à nouveau sur TAMAS champignons ! Comme ce n'est pas la 1ère fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon guide qui vous explique tout ce que j'aurais aimé savoir avant de créer ma ferme à champignons. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂
Vous vous intéressez à la culture de champignons, peut-être avec un projet de champignonnière en tête. Puis, en regardant comment travaillent les fermes autour de vous, vous voyez du plastique partout. Beaucoup de personnes ressentent cette contradiction, d’autant que cette production est souvent associée à une démarche écologique.
Alors, une culture de champignons sans plastique, est-ce possible ? Dans cet article, je vous explique pourquoi le plastique s’est imposé, ce que valent les alternatives dont on parle souvent, et quelle est la seule méthode vraiment sans plastique. J’aborde aussi le sujet en vidéo sur la chaîne YouTube TAMAS Champignons.
Pourquoi la culture de champignons sans plastique est si difficile
Le plastique n’est pas là par confort. Il répond à des contraintes bien précises de la culture en ballots, c’est-à-dire en blocs de substrat emballés et cultivés en intérieur.

Première contrainte : la chaleur. Le substrat — le mélange de matières sur lequel pousse le mycélium — est pasteurisé dans son emballage. Il faut donc un contenant qui résiste à la chaleur, ce que ne font ni le carton ni le bois.
Deuxième contrainte : le champignon est un décomposeur. Si vous l’entourez d’un contenant biodégradable, il va le dégrader. Or le rôle de l’emballage est justement de protéger le mycélium de l’environnement extérieur et de la compétition.
Les sacs de culture sont donc en polyéthylène ou en polypropylène, avec un filtre qui laisse respirer le mycélium sans laisser entrer les contaminants. Le polypropylène supporte les températures de stérilisation, tandis que le polyéthylène tient jusqu’à 90-100 °C environ. On pourrait bricoler un filtre, mais le vrai problème n’est pas là : c’est le plastique du sac lui-même.
Même le champignon de Paris n’échappe pas à la règle. Traditionnellement, on le cultivait dans des bacs en métal ou en bois. Aujourd’hui, le substrat arrive chez le cultivateur dans des sacs en plastique.
👉 Pour aller plus loin : Les sacs de culture pour cultiver des champignons [Guide Complet]
Les sacs « biodégradables » : une piste encore trop jeune
Des alternatives sont en développement, notamment des sacs en plastique végétal. Je mets « biodégradables » entre guillemets, car ils ne se dégradent qu’à partir de 80 °C environ. Il faut donc les envoyer dans des méthaniseurs ou en déchetterie, pas dans votre compost.
Surtout, cette option n’est pas encore assez au point pour une production professionnelle. C’est une piste à suivre pour l’avenir, pas une solution pour lancer votre champignonnière aujourd’hui.
La culture en seau est-elle vraiment plus écologique ?
C’est l’alternative qu’on me propose le plus souvent : des seaux en plastique dur, percés de trous, qu’on remplit de substrat. La méthode est facile à mettre en place, surtout quand on débute.
Il y a toujours du plastique, mais l’argument est qu’il est réutilisable et pollue donc moins que les sacs à usage unique. Je l’ai moi-même présenté comme l’option qui produit le moins de déchets dans mes anciens articles. Aujourd’hui, je suis à moitié d’accord avec cette idée.
En effet, un seau se réutilise, mais pas indéfiniment. Au bout d’un moment, il est tellement usé qu’il faut le remplacer. La vraie question devient alors : un seau changé au bout d’un ou deux ans contient-il plus ou moins de plastique que les sacs, très légers, utilisés pendant la même période ? La réponse dépend de votre production.
Le seau a aussi deux limites pour un projet professionnel :
- toutes les espèces ne s’y cultivent pas ;
- il se prête mal à la montée en échelle : passer d’une petite production maison à une production professionnelle régulière est beaucoup plus difficile.
Pour découvrir la culture de champignons, le seau reste une excellente porte d’entrée. En revanche, si votre objectif est d’en vivre, c’est rarement la méthode qui vous permettra de produire les mêmes volumes chaque semaine.

👉 Pour aller plus loin : Cultiver des champignons en seau [Guide Complet]
Bouteilles et bacs : des alternatives réservées aux industriels
Proche du seau, la culture en bouteille existe en Asie, notamment au Japon. Cependant, elle suppose des moyens industriels pour inoculer et nettoyer les bouteilles. Elle n’est donc pas adaptée à une micro-champignonnière comme la mienne.
Ce qui est réaliste aujourd’hui est simple : si vous voulez cultiver en ballots en intérieur, vous utiliserez du plastique.
Je relativise toutefois. À mes yeux, c’est une consommation modeste comparée à d’autres productions, y compris en bio. Regardez par exemple les bâches plastiques utilisées en maraîchage bio. C’est mon avis personnel, mais la culture de champignons est loin d’être la plus gourmande en plastique.
👉 Pour aller plus loin : Quelle est la meilleure méthode pour cultiver des champignons ? [Guide Complet]
La culture sur bûche : la seule culture de champignons sans plastique
Si, arrivé ici, vous ne voulez vraiment pas de plastique, il reste une solution. Elle vous demandera peut-être de modifier votre projet, mais elle est 100 % sans plastique : la culture sur bûche.
C’est la méthode la plus traditionnelle. On inocule des bûches avec du mycélium, puis on les laisse incuber et fructifier dehors, par exemple en forêt, sans contrôle du climat. Aucun plastique à aucune étape, pas de laboratoire pour inoculer, pas de salle d’incubation.
Elle a bien sûr ses contraintes. L’incubation est longue — deux à trois mois pour les pleurotes, six à douze mois pour le shiitaké — et les récoltes dépendent des saisons et de la météo. Pour un projet professionnel, cela implique une production moins régulière et plus de planification.
Si une culture de champignons sans plastique est vraiment essentielle pour vous, c’est vers cette méthode que je vous conseille de vous tourner.

👉 Pour aller plus loin : La culture sur bûche de champignons
Conclusion : une culture de champignons sans plastique existe, mais pas en ballots
Le plastique n’est pas un choix de confort en champignonnière. Il résiste à la chaleur et protège le mycélium, ce qu’aucun autre matériau ne fait aussi bien aujourd’hui. Les alternatives existent, mais aucune ne remplace directement le sac en culture intérieure.
Les points clés à retenir :
- Les sacs doivent résister à la pasteurisation et ne pas être dégradés par le champignon.
- Les sacs « biodégradables » ne se dégradent qu’au-dessus de 80 °C environ et ne sont pas encore prêts pour une production professionnelle.
- Le seau limite le plastique à usage unique, mais il s’use, ne convient pas à toutes les espèces et se prête mal à la montée en échelle.
- La culture en bouteille demande des moyens industriels.
- La culture sur bûche est la seule méthode 100 % sans plastique, au prix d’une production saisonnière.
Et vous, comment conciliez-vous plastique et démarche écologique dans votre projet ? Si votre avis diffère du mien, partagez-le en commentaire.
