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Refroidissement du substrat après pasteurisation : les erreurs à éviter

On pourrait croire qu’une fois la pasteurisation terminée, le plus difficile est derrière soi. C’est une erreur fréquente. Le refroidissement du substrat après pasteurisation est une étape tout aussi délicate, et c’est souvent là que les contaminations s’invitent.

Dans cet article, je vous explique ce qui se passe physiquement pendant le refroidissement, les deux options qui s’offrent à vous, et la méthode que j’applique dans ma propre champignonnière pour limiter les risques au maximum.

Pourquoi la sortie du pasteurisateur est une étape aussi risquée que la pasteurisation elle-même

La pasteurisation a un objectif simple : éliminer les organismes concurrents présents dans le substrat pour laisser le champ libre au mycélium. Mais une fois cette étape terminée, le substrat est dans un état particulièrement vulnérable.

Tout ce qui le protégeait naturellement — les micro-organismes compétiteurs, les bactéries endogènes — a été éliminé. Le moindre contaminant qui parvient à s’y introduire trouve donc un terrain vierge et idéal pour se développer, sans aucune résistance.

C’est pour cette raison que la maîtrise du refroidissement est indissociable d’une bonne pasteurisation. Pour en savoir plus sur les étapes clés de la pasteurisation, consultez cet article : 3 étapes essentielles pour réussir la pasteurisation de son substrat.

Ce qui se passe physiquement quand un substrat chaud refroidit

C’est un phénomène physique simple, mais aux conséquences importantes en myciculture. Quand un objet chaud refroidit, il crée une différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur. Cette pression négative aspire l’air environnant vers l’intérieur.

Dans le cas d’un sac de substrat, cet air aspiré transporte avec lui les contaminants présents dans l’environnement — spores de moisissures, bactéries, particules diverses. Si le sac refroidit dans un endroit sale ou mal maîtrisé, ces contaminants s’introduisent directement dans le substrat.

Ce mécanisme est souvent ignoré par les cultivateurs débutants, ce qui explique de nombreuses contaminations inexpliquées malgré une pasteurisation correctement réalisée.

Deux options pour le refroidissement du substrat après pasteurisation

Une fois la pasteurisation terminée, deux choix s’offrent à vous :

Option 1 : laisser refroidir dans la cuve

C’est la solution la plus simple. On laisse les sacs dans la cuve fermée jusqu’à refroidissement complet, puis on les récupère. L’avantage : aucune manipulation à chaud, aucun risque lié au déplacement des sacs. L’inconvénient : si la cuve est bien isolée, le refroidissement peut prendre beaucoup de temps.

Option 2 : sortir les sacs et les laisser refroidir à l’extérieur

On sort les sacs encore chauds pour les faire refroidir dans un autre espace. C’est plus rapide, mais ça demande de choisir soigneusement l’endroit. Laisser refroidir dans un environnement non maîtrisé — à l’extérieur, dans un couloir, dans un espace de stockage — augmente significativement le risque de contamination.

Si vous aimez cet article, vous aimerez surement aussi :   Le matériel de base pour débuter en myciculture

Si les contaminations sont un problème récurrent dans votre production, cet article peut vous aider à en identifier la source : Contamination bactérienne : causes et solutions.

Ma méthode : sortir les sacs chauds et les laisser refroidir au laboratoire

Dans ma champignonnière, je travaille avec une cuve de 600 litres qui contient environ 300 kilos de substrat. Je fais une pasteurisation par semaine, qui dure entre 15 et 20 heures pour atteindre la température cible de 95 degrés au cœur des sacs.

Une fois la pasteurisation terminée, je sors les sacs encore très chauds — encore à 80 degrés environ à l’intérieur — et je les transporte directement dans mon laboratoire. Je fais ce choix délibérément : à cette température, même si de l’air extérieur pénètre dans les sacs pendant le déplacement, le substrat est encore assez chaud pour tuer les éventuels contaminants qui s’y introduiraient.

Une fois dans le laboratoire, j’allume la hotte à flux laminaire et je laisse les sacs refroidir toute la nuit dans cet environnement propre et maîtrisé. Le lendemain matin, le substrat est complètement refroidi et prêt à être inoculé.

Cette méthode combine le meilleur des deux options : la rapidité de sortie des sacs à chaud, et la sécurité du refroidissement en environnement contrôlé.

Je laisse mon substrat refroidir dans mon laboratoire pendant plusieurs heures pour éviter les contaminations.

À quelle température inoculer son substrat ?

Si vous ne pouvez pas attendre le lendemain, il est possible d’inoculer dès que le substrat est suffisamment refroidi. La règle à respecter : attendre que la température soit redescendue en dessous de 28 degrés avant d’introduire le mycélium.

Au-dessus de 35 degrés, vous risquez de tuer le mycélium. Entre 28 et 35 degrés, vous le fragilisez sérieusement. En dessous de 28 degrés, vous pouvez inoculer en sécurité. Personnellement, je préfère attendre un refroidissement complet — c’est plus long, mais c’est aussi plus sûr.

Une fois l’inoculation réalisée, votre substrat entre en phase d’incubation. C’est l’étape suivante, tout aussi importante à bien maîtriser.

Conclusion

Le refroidissement du substrat après pasteurisation mérite autant d’attention que la pasteurisation elle-même. Négliger cette étape, c’est prendre le risque de contaminer un substrat sur lequel vous avez passé du temps et de l’énergie.

Les points essentiels à retenir :

  • Le substrat pasteurisé est extrêmement vulnérable aux contaminations.
  • En refroidissant, il aspire l’air environnant — et ses contaminants.
  • Faites toujours refroidir dans un endroit propre : laboratoire, hotte en fonctionnement.
  • N’inoculez jamais au-dessus de 28 degrés.
  • Sortir les sacs encore chauds permet de profiter de la chaleur résiduelle comme protection pendant le déplacement.
Si vous aimez cet article, vous aimerez surement aussi :   Comment fabriquer un incubateur maison ?

Et vous, comment gérez-vous le refroidissement de votre substrat ? Partagez votre méthode en commentaire, c’est souvent là que se cachent des solutions auxquelles on n’a pas pensé.

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