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CO₂ en salle de culture : pourquoi vos champignons ont de longs pieds ?

Vous observez des champignons avec des pieds longs, des chapeaux tout petits, ou des formes inhabituelles ?

Avant de chercher du côté de l’humidité ou de la température, regardez du côté du CO₂ en salle de culture. C’est dans la grande majorité des cas la vraie cause du problème.

Dans cet article, je vous explique pourquoi le CO₂ s’accumule, comment le gérer avec la ventilation, et quel matériel utiliser selon la taille de votre espace de culture.

Champignons avec des longs pieds et des petits chapeaux : c’est quoi le problème ?

Un champignon qui pousse avec un long pied et un tout petit chapeau, c’est un champignon qui souffre d’un excès de CO₂ dans son environnement.

Ce n’est pas une question de génétique, de substrat ou d’humidité. C’est une réponse physiologique directe à un air appauvri en oxygène.

Sur un pleurote de panicaut par exemple, un taux de CO₂ trop élevé donne des pieds interminables et des chapeaux minuscules — exactement le contraire de ce qu’on recherche, que ce soit pour sa propre consommation ou pour la vente.

Sur les pleurotes classiques, le pied n’a aucune valeur commerciale ou gustative. Un champignon déformé, c’est donc du rendement perdu.

La bonne nouvelle : ce problème est entièrement évitable avec une ventilation bien dimensionnée.

Pourquoi le CO₂ s’accumule dans une salle de culture

Les champignons respirent. Comme les animaux — comme nous — ils consomment de l’oxygène et rejettent du CO₂. Dans un espace fermé ou mal ventilé, ce CO₂ s’accumule progressivement au fil des heures.

Et plus vous avez de champignons dans la pièce, plus la production de CO₂ est importante. Une salle en pleine fructification avec beaucoup de blocs génère beaucoup plus de CO₂ qu’une salle à moitié remplie. C’est un paramètre qui évolue en permanence et qu’il faut savoir adapter.

Le CO₂ fait partie des quatre paramètres fondamentaux à maîtriser en culture de champignons. Pour un rappel complet sur les autres paramètres, consultez cet article : Les 4 paramètres de culture à maîtriser.

Comment renouveler l’air : le calcul à connaître pour éviter les longs pieds de champignons

Pour maintenir un taux de CO₂ acceptable dans votre salle de culture, vous devez être capable de renouveler l’intégralité de son volume d’air plusieurs fois par heure.

La règle générale en myciculture : entre 4 et 8 renouvellements d’air par heure.

Le calcul est simple. Prenons un exemple concret : ma salle de culture fait environ 50 mètres cubes. J’ai installé un extracteur de 400 m³/h. 400 divisé par 50 = 8 renouvellements par heure. C’est dans la fourchette haute, ce qui me donne une marge confortable même quand la salle est bien remplie.

Si vous aimez cet article, vous aimerez surement aussi :   Comment fabriquer un stérilisateur maison ? 

Pour connaître la puissance d’extracteur adaptée à votre pièce, multipliez son volume en mètres cubes par 8. C’est votre débit minimum en m³/h. Si vous me donnez les dimensions de votre pièce en commentaire, je peux vous aider à calculer.

Extracteur et entrée d’air : les deux éléments indispensables

Un extracteur seul ne suffit pas. Pour qu’il fonctionne efficacement, il doit pouvoir aspirer de l’air frais en quantité suffisante. Sans entrée d’air, l’extracteur lutte contre une dépression qu’il crée lui-même et ne peut pas renouveler le volume d’air nécessaire.

Cette entrée d’air peut être passive — un simple orifice avec un clapet dans le mur ou le plafond — ou active, avec un second ventilateur en intraction.

Dans ma salle, l’entrée d’air se fait actuellement via mon humidificateur, qui laisse rentrer de l’air en permanence. C’est une solution simple qui fonctionne bien.

Pour piloter votre extracteur de façon automatique plutôt qu’en fonctionnement continu, vous pouvez utiliser un contrôleur de CO₂. Il mesure le taux de CO₂ en PPM dans la pièce et allume ou éteint l’extracteur selon les seuils que vous définissez. C’est une option intéressante, même si la fiabilité des modèles d’entrée de gamme reste variable — je les utilise donc avec un certain recul.

Voici le contrôleur de co2 que j’utilise.

Le problème que personne n’anticipe : la gestion de la température

Renouveler l’air 6 à 8 fois par heure, ça veut dire faire rentrer de l’air extérieur en permanence. Et cet air extérieur a sa propre température, qui peut être très différente de celle que vous maintenez dans votre salle. C’est souvent le point le plus difficile à gérer en pratique.

En sous-sol, l’inertie thermique du bâtiment amortit naturellement ces variations. C’est l’idéal, mais c’est rare d’avoir cette chance. Dans la plupart des cas, il va falloir composer avec les écarts de température, soit en choisissant des espèces adaptées aux conditions locales, soit en chauffant ou refroidissant l’air entrant.

Chauffer ou refroidir de l’air neuf à chaque renouvellement peut vite représenter un coût énergétique important. Il existe des systèmes de récupération de chaleur (VMC double flux), mais leur coût d’installation est élevé. Dans ma champignonnière, j’ai opté pour une solution pragmatique : je chauffe ou refroidis légèrement pendant les périodes de températures extrêmes, et je fais avec les conditions naturelles le reste du temps.

Ces pics de température ne durent généralement qu’une à deux semaines. Ce n’est pas parfait, mais c’est un compromis raisonnable qui évite un investissement disproportionné.

Quel matériel je vous conseille pour gérer le CO₂ en salle de culture

Voici les deux types de ventilateurs que j’utilise et que je connais bien :

Si vous aimez cet article, vous aimerez surement aussi :   Comment conserver des champignons ?

Vents VKOM

Ce sont les ventilateurs que j’utilise principalement. Leur gros avantage : l’hélice est accessible et facile à nettoyer, ce qui est important quand on sait à quelle vitesse les spores encrassent le matériel. En revanche, leur puissance de traction est limitée — il faut donc absolument une entrée d’air active ou bien dimensionnée, et ils ne peuvent pas tirer au travers de filtres.

Voici le ventilateur VKOM de 400m3 que j’utilise pour une pièce de 50m3

Prima Klima

Des extracteurs très efficaces, disponibles en deux vitesses (420 m³/h et 800 m³/h sur le même modèle). La possibilité de doubler le débit sans changer de ventilateur est un vrai avantage quand la salle est pleine. Le défaut : ils sont plus difficiles à nettoyer et s’encrassent rapidement avec les spores. À garder en tête si vous optez pour ce modèle.

Pour les grandes surfaces — serres, bâtiments agricoles — des ventilateurs axiaux de plus grande puissance existent. Les options sont nombreuses selon la configuration de votre champignonnière.

Pour une vue d’ensemble du matériel utile en myciculture, vous pouvez aussi consulter : Mes conseils matériels.

Conclusion : la cause des longs pieds de vos champignons

Le CO₂ en salle de culture est un paramètre souvent sous-estimé, surtout quand on débute. Et pourtant, c’est lui qui est responsable de la grande majorité des problèmes de morphologie — ces longs pieds disgracieux et ces chapeaux rachitiques qui font perdre de la valeur à la récolte.

Les points clés à retenir :

  • Des pieds longs et des petits chapeaux = trop de CO₂, pas un problème d’humidité ou de température.
  • Visez 4 à 8 renouvellements d’air par heure selon le remplissage de votre salle.
  • Ne négligez pas l’entrée d’air : sans elle, votre extracteur ne peut pas travailler correctement.
  • Anticipez l’impact du renouvellement d’air sur la température de votre salle.
  • Choisissez un ventilateur facile à nettoyer — les spores encrassent le matériel très rapidement.

Si vous voulez que je calcule la puissance de ventilateur adaptée à votre salle, donnez-moi ses dimensions en commentaire et je vous réponds.

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